Réinventons l’image de Paris 1 avec Christine Neau-Leduc

La campagne pour les élections aux conseils centraux de l’université s’achève. Cette campagne, les listes Réinventons Paris 1 l’ont voulue positive et constructive, exempte de polémique stérile. Au cours d’un grand nombre d’échanges, de rencontres et de réunions, malheureusement à distance depuis quelques semaines, l’université a pu discuter avec elle-même, nous avons eu l’occasion de mieux nous connaître, et de mieux savoir ce que nous voulons être.

Une période difficile, qui ne doit pas brouiller le modèle universitaire

Mais la période est compliquée pour l’enseignement supérieur. Outre, depuis des décennies et gouvernement après gouvernement, la remise en cause du modèle universitaire, dont la LPR n’est que le dernier coup de boutoir, la grave crise sanitaire que nous traversons a bouleversé nos façons d’enseigner et nos modes de relations. Il faudra savoir cependant tirer le positif de l’expérience, sans nous transformer en université virtuelle. Enfin, instrumentalisée à toutes sortes de fins et plongée dans l’immédiateté médiatique, la parole savante sort très affaiblie de la période dans laquelle l'épidémie a plongé notre pays.

Il est donc indispensable de dire quel visage de l’université nous voulons présenter, l’image que nous avons de nous, et l’image que nous voulons donner. Nous partons d’une conviction forte : la légitimité académique est fondée sur la recherche, validée par la reconnaissance des pairs. Ne pas disposer de celle-ci compromet tant les discussions avec les tutelles que le dialogue avec nos partenaires, le CNRS, les membres de Sorbonne Alliance, ceux du Campus Condorcet que nous voulons avant tout comme un projet scientifique, bien d’autres encore, et plus encore nos alliés européens et internationaux.

Mais il ne faut pas s’y tromper : les universités n’ont pas le monopole de l’enseignement supérieur, même dans les disciplines pratiquées à Paris 1. C’est bien l’adossement à la recherche qui fait l’originalité et la qualité de nos formations et de nos diplômes, leur attractivité est à ce prix, nous y veillerons. Ne cédons pas à l’illusion de la superficialité, qu’encouragent l’éloignement, le virtuel et la fragmentation, le savoir et la réflexion ne sont pas des contenus vides de sens et interchangeables. Ils nécessitent engagement et interaction avec les étudiants. L'université n'est pas une chaine sur Youtube.

Le modèle de Paris 1, l’université dans la cité

Car le rôle de l’université au cœur des débats de la cité est essentiel. Là où la valorisation dans d’autres champs disciplinaires passe par le dépôt de brevets ou la création d’entreprises, notre fonction sociale est bien la construction et la transmission des connaissances et des méthodes, mais aussi leur diffusion auprès de larges publics, par l’écrit académique, les interventions dans les médias, et de plus en plus, il nous faut le développer, la participation à la réflexion publique. L’université se trahit si elle s’enferme sur elle-même, et se centre sur quelques sujets seuls jugés corrects, si elle subordonne la démarche intellectuelle à des objectifs militants. Nous avons tous notre place à Paris 1, une université ouverte à tous.

C’est dire que la liberté de chercher de ceux qui font la recherche, la liberté académique, est un des socles d’une démocratie authentiquement pluraliste. C’est dire aussi qu’il faut lutter contre tout ce qui y porte atteinte, y compris matériellement, par la surcharge des agendas. Mais rien ne se peut sans la participation de tous, ceux qui cherchent et qui enseignent, mais aussi ceux qui appuient et soutiennent, et ceux qui apprennent, et dont on doit aussi savoir apprendre.

Au plein sens du terme, y compris dans sa réalité technique, il faut développer la pratique et la culture du dialogue social, avec toutes les catégories, surtout les plus précaires, de membres de notre université, les personnels bibliothécaires, ingénieurs, administratifs, techniques, sociaux et de santé de tous métiers, les enseignants et les chercheurs de tous statuts, les étudiants de tous niveaux. C’est d'abord cela, l’image que nous avons et voulons donner de Paris 1.

L’autre nom de la liberté, c’est la responsabilité. Quand l’un de nous s’exprime publiquement, c’est l’image de l’université qu’il porte. Les propos déplacés ou mensongers, les emportements dans l’émotion d’un moment, les directions de travaux hasardeuses ne sont pas tolérables, il en va de l’engagement de chacun.

La campagne électorale s’achève. Mais les débats tous ensemble se poursuivront, pour que nous réinventions Paris 1.

REINVENTONS PARIS 1

Pour une université ouverte, collégiale et solidaire

Réinventons Paris 1
Ensemble