Réinventons Paris 1 - La HDR dans notre université

L’actualité universitaire est riche, et particulièrement intense, souvent excessivement, dans la période difficile que nous traversons. Mais nous venons également d’entrer dans la phase officielle de la campagne électorale. Les listes Réinventons Paris 1 vous proposent donc de mettre à profit ce temps particulier pour débattre des défis immédiats ou très prochains pour notre université. Il ne s’agit pas de promettre des formules magiques et de nier le réel ni de le subir, mais de donner les moyens à notre université de profiter au maximum de ses formidables atouts dans une conjoncture complexe, qui présente aussi des opportunités.

Quelle politique en matière de HDR dans notre université ?

La qualification nationale aux fonctions de professeurs est aujourd’hui très sérieusement menacée. Les listes Réinventons Paris 1 y sont très fermement attachées, mais, quel que soit le résultat de la lutte pour son maintien, il est primordial d’ouvrir dès à présent le débat de la politique que notre université entend suivre en matière d’Habilitation à diriger les recherches. En effet, rien ne serait pire pour notre université que d’être uniquement dans une posture de déploration et de suivisme. L’habilitation à diriger les recherches, grade universitaire le plus élevé, signe de reconnaissance incontesté, au point que s’est établie la signature « MCF HDR », est le sésame pour l’évolution de carrière. Une université de la taille et du rang de la nôtre, dans les disciplines qu’elle pratique, doit donc donner le ton pour une question si importante.

Un double objectif :

  • Accélérer les carrières
  • Garantir l’exigence scientifique qui fait la marque de notre université.

Ces deux exigences ne sont pas contradictoires, au contraire, sous condition d’une politique volontariste.

Mais d’abord, il faut conjurer le danger que la HDR, comme ce fut le cas pour la thèse d’État, ne soit achevée de plus en plus tard. C’est pourquoi il faut en encourager une prise en compte assez tôt dans la carrière, pour qu’elle n’en devienne pas une consécration a posteriori. L’investissement dans la HDR doit pouvoir être concilié avec les autres activités d’un moment très dense de la vie professionnelle et personnelle. En effet, la prise de son premier poste s’accompagne aussi d’un temps de découverte et d’investissement pédagogique fort, il est souvent aussi celui des jeunes enfants. La HDR constitue alors un premier bilan et une valorisation du travail déjà mené, et permet de fixer un nouveau programme. Elle suppose de bénéficier d’un accompagnement, qui sera reconnu, en amont pour déterminer les modalités et le moment les plus opportuns, et, financièrement, au moment de la soutenance, pour disposer de jurys satisfaisants. Cet accompagnement, comme pour tous les niveaux d'intégration dans la carrière académique, doit se prolonger en aval pour ceux qui préparent des candidatures, et pour l'intégration des titulaires de la HDR, souvent indispensable pour les disciplines rares, dans le potentiel d'encadrement des écoles doctorales.

Des leviers existent, il faut les formaliser et les mobiliser : Congés de recherche et de conversion thématique, délégations au CNRS, mais aussi, et la proposition sera portée, capitalisation d’heures de sur-service pendant quelques années (via le compte épargne-temps qu'il faut mieux utiliser, ou d'autres dispositifs ad hoc) pour pouvoir ensuite dégager un ou deux semestres pour faire des enquêtes, mener des dépouillements, partir à l’étranger… Un tel chantier suppose d’ouvrir un espace de coordination, qui prenne en compte la HDR, avec les UFR et les Laboratoires.

La HDR doit être un accélérateur de carrière. Cela impose d’en garantir le niveau d’exigence scientifique. A cette fin, il est essentiel de se défier de toute caporalisation, qui imposerait à certains des usages disciplinaires qui ne conviennent qu’à d’autres. Dans les champs scientifiques qu’elle couvre, notre université dispose d’une taille et d’une reconnaissance scientifique qui nous permettent de privilégier une approche disciplinaire, puisque c’est dans ce cadre que, pour l’instant au moins, se font les recrutements. En coordination avec la Commission de la recherche, le Collège des directeurs d’écoles doctorales, et les professeurs délégués aux thèses et aux HDR, sont là pour entretenir le dialogue, échanger les bonnes pratiques, et déjouer tout ce qu’une approche trop étroite aurait de sclérosant.

Des points importants encore trop imprécis demeurent, sur lesquels notre université doit avoir un rôle d’entraînement : la prise en compte de la pratique dans les disciplines comme les arts, le positionnement de la HDR (qui doit être de plus en plus reconnue comme un atout) dans les disciplines « à agrégation », une approche prospective en termes de visibilité internationale, dans un domaine où les cadres sont différents suivant les pays. En veillant à ne pas diluer son image, notre université doit également savoir pratiquer l’ouverture, en fixant les conditions pour accréditer, avec prudence, des garants extérieurs à l’université, ou pour accepter des candidats qui n’y sont pas en poste.

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